Croix Bozon


Sans conteste la plus panoramique de Peisey puisque piquée en plein vent au sommet d’une épaule herbeuse, en balcon sur la Haute Tarentaise. Le regard balaie tout le versant sud-ouest du massif du Mont-Pourri, tout le versant sud-Est du massif du Mont-Blanc, le massif du Beaufortin et jusqu’à celui de la Lauzière.  La croix jouit d’une vue parfaite sur le col du Petit-Saint-bernard, par où a transité, depuis la nuit des temps et jusqu’au dernier « petit âge glaciaire »  la majorité des voyageurs à destination ou de retour de Rome :  Outre le petit peuple poursuivi par la misère à chaque changement de saison, Hannibal peut être, le grand Jules, Charlemagne, bon nombre de
 belliqueux rois de France en passant par des cohortes de pèlerins, d’érudits et autres colporteurs d’idées et de sciences. Parmi eux, nombre de prédicateurs, de saints personnages.
Vus de là-haut, les fracas de l’histoire et autres transhumances guerrières  n’ont pas dû faire plus que  des murmures. Comme aujourd’hui : les moteurs à explosions ne font pas plus de bruit que des mouches.
Qui serait capable de dire combien d’églises, de chapelles, d’oratoires et de croix sont visibles depuis ce Belvédère ? Croix Bozon,  altitude 2340 m, la croix la plus haut-perchée de la commune (celle de la Sachette, 2500 m,  ayant disparu, sa dauphine est celle du Dou des Tovilles à Rosset, 2330 m.)
Pourtant, si la croix a donné son nom à la montagne sur laquelle elle est plantée, c’est qu’elle a  une histoire plus ancienne : la version peiserote du drame de  Roncevaux :
Fut un temps où le vol de bétail était la grande plaie des alpages (rien de nouveau sous le soleil : maintenant c’est la plaie des éleveurs à proximité des villes).
Un matin en sortant de la messe, les paroissiens de Peisey entendirent sonner la corne du berger de génisses, loin au-dessus de la forêt. Mêmes les meilleurs marcheurs de cette époque ne purent  monter assez vite : à leur arrivée il n’y avait plus une seule génisse et seulement le petit berger assassiné …

Extrait du  livre d’or de Peisey-Nancroix. Livre d’or  ?  Une très savoureuse histoire de la vallée écrite par les jeunes filles de Peisey dans les années cinquante, sans doute dans le cadre d’activité paroissiales. Certaines des rédactrices sont encore vivantes : nous ne manquerons pas d’y revenir !

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