Pour faire très court, disons que Sainte Catherine, fille de roi, était très savante, philosophe même. Elle a converti des dizaines de savants convoqués pour la contredire et la faire taire. Ce qui a déclenché la fureur de l’empereur romain, qui lui fera subir le martyr de la roue. Les anges ont cassé les lames de la roue. Il a donc fallu la
décapiter. C’est pourquoi elle a 5 attributs : la couronne de son état de princesse, le livre qui signe son érudition, la roue de son martyr, l’épée qui mit fin à ce martyr, la palme des martyrs.
Elle a connu une grande dévotion au moyen âge, quand on a miraculeusement retrouvé son tombeau au Mont Sinaï au cours d’une croisade.
Mais les rédacteurs du concile de Trente ont jugé son histoire par trop légendaire et l’ont gentiment poussée dans l’ombre.
Les deux paroisses de Haute Tarentaise qui lui étaient dédiée, Peisey et Villaroger , ont été respectivement confiées à de nouvelles autorités : la Sainte Trinité et Notre Dame de l’Assomption.
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Un entretien avec Suzanne Collin, 98 ans, nous éclaire sur le lien entre les habitants de Peisey et Sainte Catherine.
« Je ne sais pas depuis quand on dit « église de la Sainte Trinité » Nous on a toujours dit « Sainte Catherine » et rien d’autre.
Anciennement, c’est à la Sainte Catherine (ou le dimanche le plus proche) qu’étaient vendues les choses déposées tout au long de l’année dans le grenier-à-dons aux Vernettes. Tout le monde n’avait pas d’argent à y mettre : on donnait souvent des cordettes, des châles, des frontières ; C’était pour demander, promettre ou remercier Notre Dame. Une fois, il y a même eu une belle croix en or ! Donc c’était sous l’halle à la sortie de l’église. C’est Alphonse Trésallet, procureur aux œuvres pie, qui vendait aux enchères. On regardait bien les couleurs pour assortir avec ce qu’on avait ! C’était vendu au profit des Vernettes. Alphonse, c’est lui aussi qui tenait le registre des chaises numérotées de l’église. Ca se payait à l’année, avant Pâques. Nous, on avait 3 chaises. Si quelqu’un décédait dans le même rang de chaises, on allait vite pour essayer de racheter une place ! On l’appelait Alphonse « du courrier » : il portait aussi le courrier.
La Sainte Catherine n’était pas vraiment une grosse fête. C’était en famille.
Ensuite, en janvier, le curé bénissait les maisons. Il passait avec son clerc Eugène Merel. On donnait du seigle, un bichet de 11 kg. Tout le monde ne pouvait pas donner, ça c’est sûr. Comme notre maison était en haut du village, la grange servait de
dépôt. Le clerc remplissait des sacs qu’il venait chercher plus tard avec la charrette.
La statue de Sainte Catherine dans l’église, celle qui est bleue ? Je ne sais pas trop d’où elle vient. C’est le curé Pelardy qui l’a mise, à la place d’une autre, qui était rose. Celle-là par contre, je sais comment elle est arrivée. C’est le père Gontharet qui l’a apportée de Paris où il était resté 30 ans aumônier de l’hôpital Lariboissière. Il l’a amenée avec la statue de Sainte Thérèse de l’enfant Jésus. Ce qui lui faisait dire :
– j’ai fait un bien agréable voyage, en compagnie de deux saintes demoiselles !
Oui, c’est lui aussi qui a fait don de la statue de saint François de Sales qui est dans les jardins.
A Paris, il recevait du mieux qu’il pouvait les peiserotes qui lui rendaient visite, notamment les demoiselles Collin de
Nancroix . Il avait toujours des petits beurre, biscuits modernes qui s’achetaient, et disait « mais prenez seulement des petits beurriers ! » Suzanne Collin 2017





Sainte Catherine se trouve au sommet du retable principal de l’église de Peisey. une autre statue est accrochée à un pilier de la nef.
Une niche de bois lui est consacrée, posée sur l’autel de la chapelle de la Chenarie.
Aux Vernettes, la sainte est aussi au sommet du retable de la chapelle-oratoire près de la source, et dans le retable Saint-Jean-Baptiste du sanctuaire.