Drôle de papillon : l’ascalaphe souffré

Le 16 juillet, quand la pluie ne menace pas, la messe est dite dehors, dans les fleurs.
On ne peut donc blâmer les amateurs de papillons qui furètent du regard dans les herbes mûres.  Comment ne pas être distrait par le bal de petits  anges aux ailes poudrées ?
C’est ainsi qu’au cours d’une messe buissonnière, on peut faire la rencontre d’un drôle de petit être.
Une trombine d’ extraterrestre, roulant des mécaniques, cuirassé dessus,  velu jusqu’à l’indécence dessous, des pattes jaunes munie de pinces, des crochets de perce-oreille, quatre ailes très nervées, transparentes avec des aplats de couleur fluo, 2 grandes antennes munies de massues, un vol sans trop de souplesse : le punk des papillons ?
Il faut éplucher bien des bottins de papillons avant de comprendre que ce petit punk volant n’est PAS un papillon, qu’il est assez rare et constitue l’insecte intermédiaire entre la libellule et
le papillon.
« Ascalaphidae nevroptères libelloide cojacus » de son petit nom.
« l’ascalaphe soufré » pour les intimes.
Inquiet, l’ascalaphe ferme ses ailes, se cache sous la tête de la fleur le long de la tige : le voilà invisible. On passe donc souvent à côté de lui sans le voir. S’il est d’humeur badine, il volète en petit
comité dès que le soleil touche la rosée. Il a besoin de chaleur pour s’activer.
Il mange des moucherons et autres plus-petits-que-lui.
Reste à se renseigner sur son mode de reproduction pour préserver les conditions qui la permette !

La prairie des Vernettes abrite de nombreuses raretés. Grâce au fait qu’elle n’est broutée que
tardivement (pas avant le 16 juillet ! ) et de façon extensive.
Mais surtout  : ces prairies ont été protégées des épandages de lisier, de l’écobuage, de produits phytosanitaires et du passage de lourds véhicules. Pourvu que ça dure !

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