La chapelle-oratoire

Dite aussi “la petite chapelle”
Au départ, il s’agissait d’un très modeste oratoire installé au plus près de la source en 1702. Cet ouvrage est très rapidement parti avec une avalanche. A ce moment là , la forêt n’occupait pas la pente comme elle le fait maintenant.
En 1717, un chanoine mandaté par la métropole St Pierre de Moutiers trouve encore
un oratoire sous le vocable de Notre Dame de Pitié situé dans un précipice […] au dessus […] une petite fontaine de la grosseur de deux doigts”
Suite à cette visite, l’autorisation est donnée en 1719 d’agrandir l’oratoire.
En 1721, le curé de Peisey bénit un édifice, mais celui-ci est encore la proie de laves torrentielles . Il est détruit en 1755. Jean-Marie Jacquet, qui à cette époque travaillait à construire la grande chapelle, propose de refaire l’oratoire sur un replat moins exposé à une trentaine de mètres : l’oratoire actuel date de 1761.
Son architecture garde souvenir de tous les mauvais coups que l’amont de la montagne lui a joué : il est taillé en pointe pour offrir le moins possible de prise aux coulées de neige et, sur la partie avale, il s’ancre au sol par quatre gros piliers de base carrée : on le sent arc-bouté contre les méfaits de la pente et de la neige !
Le toit de petites ardoises taillées est raide, sans chéneaux pour que la neige glisse.
Aucun bâtiment de Haute-Tarentaise ne lui ressemble.

Les croix de la faîtière

Deux belles croix dont on ne connait pas l’histoire. L’une argentée, avec des boules au bout des bras et une gloire percée de 4 cœurs se retrouve à l’identique sur le toit du sanctuaire. Elle a pris la foudre. L’autre, de facture plus robuste est tréflée. Sa gloire reprend le motif de la croix au dessus de l’entrée du grenier à dons.

Parvis couvert et grenier à dons.


Il comporte une partie abritée, avec un superbe pavage de blocs de tuf, une barrière de bois avec un portillon et une haute porte qui donne vers la source, au dessus de laquelle St Joseph tient jésus dans ses bras (statue vandalisée…) Le plafond est peint d’un très beau bleu lavande.
Au nord de cet espace se trouve une toute petite fenêtre à côté d’une porte : il s’agit du grenier à dons. La porte est datée de 1710. Ce qui peut étonner : le bâtiment date de 1761. Sans doute a-t-on repris la date du premier grenier établi dans ces pentes ! Il y a une autre petite ouverture en passant par l’extérieur. On pouvait déposer là toutes sortes de dons : pièces du costume peiserot, outils, bijoux, argent… Le grenier était géré par des syndics et les objets étaient vendus aux enchères le jour de la saint Catherine (patronne de la paroisse) aux profit des pauvres.
L’intérieur est sous une belle voûte. La porte est d’un seul plateau de chêne.
Le grenier à dons n’est plus géré et il n’y a plus de vente au profit des nécessiteux. A l’intérieur sont entreposés de vieux tableaux (dont un de Ste Marie Madeleine en pleurs)
Dans ce recoin, l’hiver, sont entreposées les croix du chemin de croix qui sont trop exposées aux coulées de neige.

L’intérieur de l’oratoire.

On remarquera d’abord la fresque fleurie sur la voûte, la fresque de l’anagramme des Vernettes, le bénitier à godrons. Puis la grille : robuste et gravée de noms : les quatre peiserots maîtres d’ouvrage de la construction : Claude Baudin le procureur, Claude Ray, Berthélémy Richerme, Berthélémy Adornet, et la date de 1761, le 20 juin.
La grille comporte avec un tronc pour les offrandes. Elle est doublée intérieurement d’un grand volet de bois qu’on fermait en hiver.


Les murs latéraux étaient autrefois chargés d’ex-voto et de béquilles : celles des personnes guéries par l’eau de la source…et leur foi. Il ne reste que quelques plaques.
Les fresques du plafond vouté d’arêtes peintes en vert, sont d’arabesques, de rubans, de bouquets fleuris avec de jolis nœuds pourpres, quatre anges et des angelots dans les écoinçons.

Le retable


L’antépendium, sur fond de bouquet de roses, présente un médaillon avec une petite piéta. Des bouquets de myrtilles sur les portes des petites armoires latérales.
La prédelle est de têtes d’anges (il y en a 19 sur ce retable)
La partie centrale compte 4 colonnes torses où grimpent des rosiers.
Dans une niche au cadre doré et à fond bleu, la statuette centrale du retable est classée. C’est elle que l’on sort en procession les jours de pèlerinages. Des anges portent sa couronne.
A gauche on a saint Jean l’évangéliste, avec sa coupe, sa vouivre, et à ses pied son aigle.
A droite un évêque difficile à reconnaitre qui tient un livre.
En attique, Dieu le père accueille le public à bras ouverts, sur son nuage. Autour de lui, de gauche à droite :
Saint Martin en militaire romain partage son manteau rouge avec le pauvre qui lui tient le genou.
Sainte Catherine, patronne de la paroisse, avec sa roue. Sa palme est cassée.
Une belle sainte vêtue de blanc, portant couronne, tenant une croix (cassée) et un enfant par la main. Sans doute la vierge.
Saint Georges terrassant un dragon vert.