La poutre de gloire de l’église de Peisey

Qu’est-ce qu’une poutre de gloire ?

Une poutre de gloire est une poutre placée entre la nef et le choeur et supportant un crucifix et des statues en lien avec la crucifixion. Dessus pouvaient être disposés des reliquaires ou suspendus divers objets sacrés (châsses, sachets de reliques). La poutre de gloire est en partie à l’origine du jubé. Après le concile de Trente, et surtout à partir du XIXe siècle, on a progressivement supprimé les jubés. Les poutres de gloire n’ont donc souvent subsisté que dans des petites églises.
Dans nos chapelles, le jubé est une simple cloison de bois ajourée
(le chancel), surmontée parfois d’une poutre de gloire (Chapelle du Villaret). A Moulin, on a supprimé le chancel de bois mais on a laissé la poutre de gloire, qui n’a plus tous ses éléments.

La poutre de gloire de l’église de Peisey

La poutre de gloire de l’église de Peisey date du 18ième siècle.
Elle a été classée le 3 août 1957. Référence PM73000610
Elle est placée transversalement entre les sommiers de l’arc triomphal.
Elle est de bois peint en imitation marbre vert-bleu du plus bel effet, surlignée à ses angles de dorures.
3 têtes d’anges sont accrochées sous la poutre, en dessous des personnages.
La croix est romaine, sombre et dépourvue de décor, ce qui l’oppose aux personnages vêtus d’amples tissus dorés à qui le vent donne vie, y compris le titulus crucis, phylactère ondulé. (INRI / l’abréviation du latin ” Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum ” qui signifie ” Jésus le Nazôréen, roi des Juifs “. Cette inscription était gravée sur la croix du Christ lors de sa mort.)
Les 3 saints ont tous une auréole dorée à multiples rayons. Celle du Christ est un peu différente : à motif de fleur de lis.
A gauche Sainte Marie, vêtue de brun-rouge, coiffée d’un simple voile blanc, pleure debout et essuie ses yeux d’un large mouchoir blanc.
Sainte Marie-Madeleine, “en cheveux” est agenouillée au pied de la croix. Le mouvement de son bras prend à témoin le public.
A droite saint Jean l’évangéliste, vêtu de vert, dont la belle chevelure ondulée signe la jeunesse, joint les mains en regardant le Christ.
Jésus porte une couronne d’épines noires. Il est rivé à la croix par 4 gros clous forgés taillés en diamant. Il porte un périzonium (linge qui ceint la taille du crucifié) doré, lui aussi animé par le vent.