« Haine au péché, miséricorde au pécheur
St François de Sales priez pour nous.
Don de l’abbé Claude Maurice Gontharet à sa paroisse natale 1898 »
La statue est en bronze, fondu par Maurice Denonvilliers. (Signature du fondeur sur la face latérale droite de la base de la statue)
Saint-Internet nous dit que Denonvilliers, doyen des fondeurs d’art de Paris, officiait dans la Marne. On trouve ses œuvres dans toutes la France ! Peut-on imaginer qu’un de nos nombreux Peiserots fondeur d’art présents dans la région à cette époque travaillait auprès de Monsieur Denonvilliers ? Nos co-villageois excellaient dans les petits objets de fonte.
Bref : une signature de qualité « patrimoine de France » pour une statue très soignée dans le détail (Saint-François est vêtu de sa tenue d’évêque avec dentelles et boutons arrondis) comme dans l’expression : Saint-François respire la bonté et le calme.
On imagine encore la statue en chemin vers la Savoie. Probablement en train jusqu’à … Mais pas sûr. Ensuite par de mauvaises routes derrière des chevaux, forcément.
La petite histoire veut que des plaisantins aient monté nuitamment la statue depuis Landry, à dos de mulets pour faire croire à un miracle.
Saint-François de Sales est le Saint-patron de la Savoie. C’est le grand Saint de la contre-réforme catholique du 17ième siècle. Il s’est épuisé à récupérer les âmes perdues des pays de montagne sur lesquelles la Genève calviniste exerçait un fort attrait. Il a rédigés ses suppliques et exhortations sur de multiples billets, distribués dans les paroisses et glissés sous les portes closes. A ce titre, c’est aussi le Saint-patron des journalistes.
Mais pour l’essentiel c’est le Saint de la simplicité, de la charité, de la miséricorde. Pour Saint-François point n’est besoin d’être martyr ou religieux pour être Saint. Les vraies saintetés sont quotidiennes, discrètes, intérieures : à la portée de tous.
Saint-François tient d’une main son livre le plus connu « introduction à la vie dévote » et de l’autre : il prêche, mais ce mot ne dit plus rien aux jeunes générations. « on dirait qu’il cherche à savoir d’où vient le vent »
Saint François prêche par tous les temps : aux fleurs, aux légumes, aux bonhommes de neige, aux enfants qui vont à l’école, aux gens pressés d’aujourd’hui, aux oiseaux qui prennent son doigt pour perchoir, aux chats qui partagent son piédestal panoramique, aux souris qui zigzaguent sous la neige.
Tantôt griffé par la pluie, tantôt emmitouflé dans une étole de neige, tantôt la patinoire-à-mouche luisante sous le soleil d’automne. Les tempêtes d’hiver lui jouent des tours, il semble parfois porter un gros agneau blanc sur les épaules, ou un bonnet phrygien immaculé, ou même sa tête disparait dans un nuage compact.
Qu’on mette les oignons à « réessuyer » sur les pierres de son petit parc, qu’on y empile les potirons, qu’on sifflote pour faire sortir les lézards curieux de son muret, qu’on s’asseye tranquillement pour lire au soleil contre son socle, qu’il fasse de l’ombre aux salades aux heures chaudes, qu’il serve de tuteur aux roses trémières : Saint-François participe à la vie des jardins qu’il bénit à longueur d’année.








La statue est installée au milieu des jardins de Peisey-d’en-bas. Sur une coulée de terre noire ayant, à une date dont on ne se rappelle plus, dévissé de sa tourbière d’origine, en amont. D’où la qualité du sol de ces jardins et leur maintien en plein milieu du village.
Saint François est dans un petit parc de belles pierres ceint d’une barrière de fer forgé à pointes. A l’amont on a rogné les pointes qui constituaient un danger pour les enfants.
Le terrain était à l’origine privé (Famille Anxionnaz dernier propriétaire).
Il a été racheté par la mairie.



















