
Localisation
Le site se trouve principalement en ubac de la vallée (quelques galeries en adret) à son endroit le plus étroit : entre le rocher de la Charmette (2000m d’altitude) et les rochers de la montagne de l’Arc (2000 m d’altitude : une roche de quartzite et de cargneule, où se trouve le filon.). Lui même étant à 1500 m d’altitude, au delà d’un pont de bois par dessus le torrent principal de la vallée (le Ponthurin) autrefois très turbulent.
La mine de galène : un site majeur dans l’histoire de la vallée.
L’activité minière sur le filon de galène (plomb mêlé d’argent et de fer) a duré 154 ans, soit environ de 1712 à 1866. Elle a profondément marqué la vallée de Peisey dans toutes ses dimensions : écologie, économie, démographie.
Les concessions pour l’exploitation du minerai, propriété du duc de Savoie, puis du royaume de Piémont Sardaigne, ont presque toujours été signées avec des sociétés étrangères : germaniques, anglaises, piémontaises. En tout cas étrangères à la vallée.
La mine a connu son heure de gloire sous le premier empire français (La France ayant envahi la Savoie en 1792, et l’ayant rendue en 1815). Elle a alors été gérée par un des plus grands ingénieurs minier de son temps (J. Schreiber) qui l’a organisée pour être le lieu d’application de l’école des mines de France.
Environ 70 ingénieurs du début du 19ème siècle y ont appris leurs métiers.
L’histoire de cette mine est très bien documentée. On lira avec profit les ouvrages de Patrick Givelet :
– Le plomb et l’argent.
Histoire d’un grand site minier européen / XVIIIe-XIXe siècles SHAA 2015
– l’or et la Pierre, édition La Fontaine de Siloe, 2007
– L’école française des mines de Savoie : Peisey-Moutiers (1802-1814), SHAA sept 2007

(gravure de P. Courtois faite en 1840). Le pont muletier, les bâtiments dont deux seulement on subsisté jusqu’à nous, la montagne de Bellecôte (3 417 m) et la pointe de l’Aliet (3109 m). Le site du pont a été “englouti” dans des ouvrages de défense contre les coulées de laves torrentielles)

Plus ancienne carte postale : ruines des installations d’exploitation. Vue vers l’ouest
Le plan des galeries

En ubac, vers l’ouest, jusque sous Campagnette, (alpage de l’Arc)

En Adret, vers l’Est au dessus de Beaupraz
Le site est classé monument historique depuis 1990. la belle allée de mélèzes l’est également.
Toutes les galeries sont fermées : les entrées ont été murées (avec une ouverture pour les chauve-souris ! ) Aucune ne se visite, sauf une toute petite portion creusée à cet effet dans les années 2000.
Le “palais de la mine” est le bâtiment de résidence du directeur de la mine, seul encore debout, ainsi que l’ancienne forge. La forêt a investi les ruines autour de ces deux bâtiments. Plusieurs chantiers de jeunesse ont oeuvré pour la mise en valeur de cet ensemble : anciens fours, canaux, entrées de galeries, terrils etc.
Un sentier muséographique (12 panneaux) permet d’apprendre l’histoire en se promenant dans un site naturel protégé fort agréable, et en toutes saisons.
Pour la petite histoire :
la fond de la vallée de Peisey avait été repéré par les hydro-électiciens de l’après guerre pour être le site d’un gros barrage.Le vallon des Lanches, Rosuel, la Guraz aurait été complètement noyé. l’ancienne mine a sauvé le site : les roches d’assise du futur barrage étant réduites à l’état de gruyère par les multiples galeries, leur solidité n’était pas assurée : on préféra noyer le village de Tignes…pour un barrage hydroélectrique encore plus gros.