Ce retable fut construit en 1693. Il commémore une chapelle qui était dans le cimetière avant la reconstruction de l’église. Elle était importante et elle a donné son nom au chemin de Glaise qui monte vers les montagnettes des Arches et Plan-Peisey. Il a été financé par Jean-Baptiste Jourdan. Le sculpteur en est Jacques-Antoine Todesco ( le même que pour le retable majeur)
Le baptême du Christ
Saint-Jean Baptiste, fils d’Elisabeth et Zacharie, cousin de Jésus, était un ascète qui vivait au désert. Il portait un habit en poil de chameau et une ceinture de cuir autour de la taille (ici plutôt soigné) Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Il était “la voix de celui qui crie dans le désert : ‹ Préparez le chemin du Seigneur, rendez ses sentiers droits. ›
Il baptisait dans le petit fleuve Jourdin qui se jette dans la mer morte et professait “moi, je vous baptise d’eau, mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi et je ne suis pas digne de porter ses sandales. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. (Mathieu 3-11 et Jean 1-26) Au 17ème siècle, on l’appelle encore “le précurseur”, comme au moyen âge.
Jésus vécu vraisemblablement quelque temps en sa compagnie. Le retable montre son baptême par Jean-Baptiste, qui verse l’eau au moyen d’une coquille Saint-Jacques. Avant l’avènement du baroque, cette coquille était une simple coupe de poterie.
Jean-Baptiste fut décapité par le roi Hérode. Les évangiles synchronisent le début de l’activité publique de Jésus avec l’emprisonnement de Jean-Baptiste
Saint Martin
Saint Martin de Tours était très vénéré en Haute Tarentaise ( 2 églises paroissiales, une basilique)
Il est né en Pannonie, l’actuelle Hongrie, sur les marches de l’empire romain où son père était en garnison. A 15 ans, il est soldat (car la loi romaine obligeait les fils de soldats à s’enrôler dans l’armée) et Il est muté au nord de la Gaule, où il se rend bien sûr à pied, par une des routes romaines. La principale de ces routes passant par la Tarentaise, il est bien possible que ce Saint ait foulé cette terre !
A Amiens, il rencontre un pauvre grelottant de froid. Il déchire son ample manteau rouge pour couvrir le pauvre avec une moitié.
Il quitte l’armée pour rejoindre Saint Hilaire et devenir chrétien. Il fonde le premier monastère de Gaule où il compte vivre paisiblement. Mais les habitants de Tours l’enlèvent pour en faire leur évêque. Il passera donc sa vie à évangéliser dans les campagnes et mourra au bord de la Loire en 397.
Moine-évêque missionnaire, Apôtre de la Gaule, Saint Martin est le premier saint à être vénéré sans avoir subi le martyre.
Autre raison de voir Saint-Martin dans toutes les églises : il est invoqué contre les rhumatismes ! maux universels et de tous temps…
Saint Antoine de Padoue
Un autre monument de la chrétienté, plus proche de nous dans le temps : contemporain de St François d’Assise, mort en 1231.
Né à Lisbonne, il accède très jeune à la prêtrise. En 1220, quand les restes des premiers martyrs franciscains sont ramenés du Maroc au Portugal, il décide de rejoindre leur ordre et entre chez les Frères Mineur, dans l’espoir de mourir lui aussi martyr en Afrique. Son bateau s’échoue en Sicile (il sera le Saint patron des marins, des naufragés et des prisonniers) Il rejoint Assise où l’on découvre ses talents de prédicateur. On l’envoie prêcher dans tout le sud de la France, où il favorise la conversion de nombreux cathares (d’où son surnom de “marteau des hérétiques”). C’est à Brive-la-Gaillarde qu’il retrouve miraculeusement un manuscrit dérobé, y gagnant du même coup sa spécialité posthume : Saint Antoine de Padoue est prié quand on a perdu un objet !
La fin de sa vie est dominée par la prédication où il excelle. Il se trouve à Padoue pour prêcher le Carême en 1231. C’est là qu’il meurt d’épuisement à 36 ans. Son apostolat a duré moins de dix ans mais le rayonnement de ses paroles et de ses actes aura une portée internationale jusqu’à nos jours. Antoine est canonisé l’année suivante par le pape Grégoire IX en raison d’une quarantaine de guérisons.
La théologie franciscaine est axée sur le christocentrisme, qui invite à réfléchir aux mystères de l‘humanité du Seigneur. Saint Antoine a par ailleurs été gratifié d’une apparition tenue secrète jusqu’à sa mort : il a tenu l’enfant Jésus dans ses bras. C’est ainsi qu’il est donc représenté : dans son habit de bure de franciscain, la corde à trois nœuds et les sandales, l’enfant Jésus, bébé presque nu, debout sur un livre lui caresse la joue d’une main. (Dans la nef il y a une autre statue de St Antoine de Padoue, plus récente mais reprenant exactement les mêmes thèmes : l’enfant est un peu plus âgé, il est assis sur le livre, comble le saint de caresses et tient une leur de lis, fleur mariale)
Saint Antoine a composé un cycle de sermons pour le dimanche, un autre consacré aux saints, proposant ainsi un parcours spirituel tellement riche que Pie XII le proclama en 1946 Docteur de l’Église. Il en profita pour solliciter l’intercession de saint Antoine en faveur de l’Église, et en particulier des prédicateurs. “…que prêtres et diacres accomplissent leur ministère avec conscience, (…) surtout dans les homélies liturgiques”.
Sainte Anne
Sainte Anne, maman de la vierge Marie, tient dans sa fille dans ses bras droit et un livre de sa main gauche.
(on lira le chapitre sur les parents de Marie, représentés sur le retable ND des 7 douleurs.)
Sainte Anne a donné les premiers enseignements à Marie : voici illustrée l’importance de l’enseignement à la lecture, clef de bien des libertés. En donnant le goût d’apprendre, les grand-mères étaient les principales éducatrices.
On sait combien les montagnards ont été vite conscients de l’avantage de savoir lire et compter, pour tous, y compris les filles : grands voyageurs, marchands ambulants, fermiers parcimonieux, savoir défendre son droit, même loin de soi, était pour eux une question vitale. le taux d’alphabétisation des villages les plus reculés était remarquable.
L’organisation fiscale moderne de la Savoie est une des premières d’Europe (Mappe Sarde de Peisey terminée en 1733)
Sainte Barbe
Comme sainte Marguerite, sainte Agnès, Sainte Barbe fait partie de ces jeunes filles martyrisées sous l’empire romain. Elle est née dans l’actuelle Asie Mineure. Elle refuse le fiancé que son père lui destine : celui-ci l’enferme dans une tour à deux fenêtres. Elle trouve le moyen d’y être baptisée et perce une troisième fenêtre dans le mur pour représenter la Sainte Trinité. (Ici le troisième fenêtre est un oculus)
Furieux, le père met le feu à la tour. Barbe réussit à s’enfuir mais un berger découvre sa cachette et avertit son père. Ce dernier la traîne devant le gouverneur romain de la province, qui la condamne au supplice. Elle est d’abord copieusement torturée puis décapitée. Le père est aussitôt châtié par le Ciel : il meurt frappé par la foudre. Quant au berger qui l’a dénoncée, il est changé en pierre et ses moutons en sauterelles. pauvres moutons…
Sainte Barbe protège d’abord de la foudre, grosse terreur des bergers, surtout dans les alpages d’altitude où l’on ne peut se protéger nulle part.
Sainte Barbe protège des incendies, explosions et finalement de toute sorte de catastrophes naturelles.
Mais sainte Barbe est restée très vénérée comme sainte patronne des mineurs. Et Peisey, dont la géologie regorgeait de divers métaux, était un pays de mineurs. Les conditions de vie de ces gens à cette époque nécessitait certainement son secours.
Saint Jean l’évangéliste
Saint-Jean, le disciple préféré de Jésus, celui à qui il confie sa mère à sa mort est présent dans toutes les églises. ( il est aussi sur la poutre de gloire et sur l’autel du rosaire)
Il est représenté ici avec son calice. Depuis la tribune, on voit que le calice est troué, mais qu’il n’y a rien dans ce trou. Pour comprendre pourquoi, on lira l’article suivant :





























