Le retable majeur de ND des Vernettes

Histoire

Ce retable est l’œuvre du sculpteur Joseph Marie Martel qui s’est installé à Peisey de 1738 à 1747, année de son décès. Ses fils complèteront sont travail en 1758. Le prix-fait (devis) a été retrouvé et l’on y lit combien les gens de Peisey ont été précis dans leurs demandes : personnages, couleurs, style.
Ce retable n’est pas celui d’une église paroissiale. Il a donc un peu échappé aux exercices imposés par le concile de Trente : tout centrer sur le mystère de l’Eucharistie et la résurrection. Dieu le père est même absent.
Le sanctuaire est dédié à Notre Dame de Pitié. Il est donc consacré aux épreuves de la vie de la vierge Marie, entourée des deux autorités masculines de son existence : son père et son époux. La peine, peur, la tristesse, l’incompréhension dominent dans ce retable aux couleurs pourtant très pimpantes et gaies.
Le charme vient de la douceur des anges, de la proximité de marie avec les profondes peines humaines. Naïveté, voir rusticité et raffinement des décors se mélangent heureusement.


L’autel

La première originalité de ce retable est son assez rare autel tombeau : sous la table de l’autel se trouve une représentation vitrée du Christ en son tombeau : corps livide, avec les marques de la crucifixion, sur un tissus de bure.
L’ensemble est posé sur une estrade de trois marches.


La prédelle et le tabernacle

3 niveaux de prédelle toute en décors bleus et or. Le tabernacle au centre du 1er niveau : petit meuble avec une porte comportant un ostensoir en ronde bosse polychrome, surmonté d’un crucifix.
Au troisième niveau on a deux cartouches des épreuves de Marie pendant l’enfance de Jésus : la fuite en Egypte, et l’épisode de Jésus perdu retrouvé parmi les docteurs de la loi.



Scène centrale et volets latéraux

La scène centrale de ce retable est consacrée à une superbe piéta, surplombée de façon surprenante par une scène de la circoncision du petit Jésus en médaillon. (A noter que ce thème est traité sur un autre retable de la même chapelle !)
Les 2 personnages de la piéta portent une très fine auréole du plus bel effet. D’aucuns voient celle de la vierge bouger à certaines occasion…
L’ensemble est entouré de six anges potelés dont deux munis d’outils de la crucifixion : clous et marteau (le reste des outils est présenté par d’autres anges en attique). Les expressions de tous ces visages sont à la tristesse.
Saint Joseph et son bâton fleuri, saint Joachim, père de Marie occupent les parties latérales.


En attique

Tout en haut du retable, sous un baldaquin et devant de belles draperies, une crucifixion qui remplace la poutre de gloire, absente de ce bâtiment ; deux médaillons : Jésus tombant sous sa croix, étape du chemin de croix, et une descente de croix ; et quatre anges munis des instruments de la crucifixion : le voile de véronique, l’échelle, l’éponge, la lance.
La crucifixion , Jésus expirant sur la croix, est émouvante, avec la couronne d’épines vertes et les personnages éplorés mais debout de Marie voilée et Marie-Madeleine, en cheveux. 2 anges caryatides dans les colonnes latérales.