Le retable Notre Dame des 7 douleurs

Aussi appelé autel Notre dame de la compassion a été offert en 1733 par Laurent Garçon.
Le sculpteur est Jacques Martel (qui a également fait le retable principal des Vernettes)
La vierge y est représentée entourée de ses parents, Sainte Anne et saint Joachim.
L’attique est une très rare représentation, sous un baldaquin à festons, du saint suaire de Turin exposé par 3 évêques.
Ce retable est de ton gris-bleuté assez terne, peut être pour que puisse bien apparaître l’image du crucifié sur le saint suaire.
On compte 23 petits anges aux ailes dorées, dont 2 agenouillés, potelés, priants et très attendrissants en haut des chapiteaux. 2 cartouches avec de beaux chardons-soleil en prédelle, 2 colonnes torses fleuries et de grandes volutes végétales dorées sur le côté.

Notre Dame des 7 douleurs


Toute couverte de roses et assistée d’anges qu’elle soit Marie souffre. Les 7 douleurs font référence aux 7 passages des évangiles au cours desquels Marie a souffert.

– 1 – La prophétie de Siméon (St Luc 2. 34)
        Siméon est venu au temple de Jérusalem pour annoncer à Joseph et Marie que
        leur fils nouveau-né sera la lumière du monde. Mais il dit aussi à Marie que son
        cœur sera transpercé d’un glaive au pied d’une croix…


– 2 – La fuite en Egypte de la Sainte Famille (Mathieu 2. 13. 21)
       Alerté en songe  par un ange du danger que court le nouveau-né Jésus, Joseph
       emmène sa famille en  Egypte pour 3 ans   


– 3 – La disparition de Jésus pendant 3 jours (Luc 21.3.21)
        Jésus « fugue » et ses parents le retrouvent après 3 jours de recherche dissertant
        avec des docteurs de la loi

– 4 – La rencontre de Jésus et de Marie sur la Via Crucis
       (Luc23.27.31)

       Jésus porte sa croix jusqu’au Golgotha, lieu de son supplice. Sur ce trajet
       d’extrême douleur, la rencontre avec sa mère constitue la quatrième étape.

– 5 – La douleur de Marie au pied de la croix (Jean 15.25.27)
        Scène représentée sur toutes les poutres de gloire, notamment celle de l’église de
       Peisey : Marie, Jean et Marie-Madeleine au pied de la croix où Jésus se meure.

– 6 – La descente de croix (Mathieu 27.57.59)
        Scène d’affliction que celle de la dépouille de Jésus sur les genoux de sa maman.
       Vierge Marie en Mater Dolorosa. Ce thème artistique s’appelle une Piéta.
        Les sanctuaires dédiés à Notre Dame de pitié, comme ND des Vernettes, vénèrent
        de touchantes PIETA.

– 7 – La mise au tombeau de Jésus (Jean 19.40.42)
        La déposition du corps du Christ, porté par l’apôtre Jean et Nicodème et la
        déploration de trois femmes : Marie, Marie-Madeleine et Marie de Cléophas.

La fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs, le 15 septembre, a pour but de nous rappeler le martyre terrible qu’endura la Vierge en tant que co-rédemptrice du genre humain.



L’exposition du Saint Suaire

Le Saint suaire est linceul dans lequel a été enveloppé le corps du Christ lorsqu’il a été descendu de la croix et mis au tombeau. Il s’agit d’un tissu rectangulaire en lin blanc de 4,36 mètres par 1,13 mètre, sur lequel apparaît l’image d’un homme de près d’1,80 m, nu, barbu, aux cheveux longs, et les mains croisées. En 1453, la Maison de Savoie achète la précieuse relique, qui suit alors les déplacements de la famille de Savoie jusqu’en 1502, où il est déposé dans la chapelle du château de Chambéry, construite pour l’abriter. Le 4 décembre 1532, la Sainte-Chapelle est en proie aux flammes. L’incendie endommage le linceul, conservé dans un coffre d’argent replié en 48 épaisseurs. La chaleur a fait fondre le métal, qui a brûlé le suaire. L’eau, utilisée pour éteindre l’incendie, a également abîmé le linceul. Les sœurs Clarisses de Chambéry le réparent. Le saint suaire est de retour le 2 mai 1534. En 1578, l’archevêque de Milan, Charles Borromée, futur saint, souhaite se recueillir devant le saint suaire. Pour lui éviter la fatigue du voyage, Emmanuel-Philibert, Duc de Savoie, fait venir la relique à Turin, nouvelle capitale des ducs de Savoie (depuis 1563). Ce sera un aller sans retour vers l’Italie… Le Saint-Suaire aura été savoyard pendant 125 ans, avant de devenir le Saint Suaire de Turin.




La prière à Getsemani

Au dessus : un médaillon avec Jésus priant dans le jardin de Getsemani.
Une scène difficile à reconnaitre puisque le jardin et ses oliviers ne sont pas représentés. Néanmoins la douleur de Jésus est très bien rendue.





Les parents de la Vierge Marie

Sainte Anne, grand-mère maternelle de Jésus, était très vénérée. Elle est représentée la plupart du temps avec Marie très petite. (En attique du retable qui fait face à celui-ci, on a aussi une statuette de Ste Anne enseignant à sa fille.)
Sainte Anne est souvent représentée avec un libre d’enseignement. Il a ici été oublié.
On peut lire cette vénération de deux façons :
– le rôle éminent des grand-mères d’autrefois, souvent en charge des petits-enfants pendants que les enfants adultes travaillent ou même sont en exil pour gagner le pain de la famille. C’est elle qui veille sur l’âge tendre des petits, dont un nombre très important ne résisteront pas aux maladies infantiles ou aux famines. C’est elle qui apprend à marcher.
– l’importance de l’enseignement à la lecture, clef de bien des libertés ; et l’on sait combien les montagnards ont été vite conscients de l’avantage de savoir lire et compter, pour tous, y compris les filles : le taux d’alphabétisation des villages les plus reculés était remarquable. Les grand-mères étaient les principales éducatrices.

Par contre on n’a pas oublié de bâton de St Joachim, berger de brebis à Nazareth, puis aux environs de Jérusalem, là où il rencontre et épouse Anne. Tous deux très pieux, ils décident de partager leurs avoirs en 3 : une part pour le culte, une autre pour les pauvres et la troisième pour leur économie domestique. Leur union n’est hélas au bout de 20 ans toujours pas bénie par une naissance. Joachim se retire au désert, jeûne, prie, sacrifie des brebis… jusqu’à ce qu’un ange lui dise que Dieu l’a entendu. Le 8 septembre suivant nait la petite Marie, qu’ils dédieront au temple à l’âge de 3 ans. Elle y vivra séparée d’eux.

A noter que la Trinité mariale ( Anne, Marie et Jésus) était très souvent représentée avant le concile de Trente qui imposa des restrictions (afin que ne soit pas fait ombre à la trinité céleste : Dieu le père, le fils et le Saint Esprit).


L’antépendium