Nef, tribune, fonds baptismaux, chaire, confessionnaux

La nef est la partie accessible à tous les paroissiens.
Elle est orientée quasiment sud-nord. Elle compte  trois travées, avec des
collatéraux de même hauteur, ce qui caractérise une église halle.  Quatre
piliers centraux cruciformes (et huit
intégrés aux murs) sont couronnés de chapiteaux fortement saillants.
Six grandes baies en plein cintre le long des collatéraux  offrent un maximum de lumière.  A l’origine, la messe se suivait debout, les hommes étaient à gauche, les femmes à droite. Petit à petit sont arrivés le plancher, puis les chaises (chaque famille louait les siennes et les bancs datent des les années 1950)

Les plafonds

La nef est surplombée de neuf voutes croisées (+ celles sous la tribune), donc neuf clefs de voûtes décorées de différents feuillages dorés, trente-six arêtes en blanc à motifs gris pâle, bleu marine et doré, comme les arcs en
berceau. Sur fond d’un bleu pâle très doux.

Les trois voûtes centrales sont sur une base carrée, et chaque quartier est décoré d’un médaillon en
grisaille entouré de belles arabesques blanches. 
Les plafonds sont peints par les frères Artani d’Aoste en 1868.
Au dessus de la tribune,
Saint Joseph et st François de Sales, un médaillon avec épée, balance, couronne de laurier, miroir. 
Un médaillon avec croix romaine, ancre, cœur et fleurs.
En partie centrale : 2 saintes difficiles à identifier : l’une porte l’épée et la palme de son martyr, l’autre, priante, est vêtue de bleu. Un médaillon avec tables de la loi, caducée, blé et vigne.
 Un médaillon avec chandelier à 7 branches, coiffe des docteurs de la loi.
 Avant chœur :  Un évêque tenant un livre et un cœur enflammé : St Augustin
Un saint médaillon avec mitre papale et ostensoir.


La tribune

Sous la tribune : 2 colonnes de pierres en soutien et une large voûte avec une clef décorée d’un œil  omniscient, hélas coupé en deux par l’ajout, dans les années 1950, d’un sas d’entrée. On accède à la tribune par 2 escaliers latéraux en pierre, raides et courbes sous d’étroites voutes en berceau. La tribune est constituée de trois gradins de grosses planches. Le balcon est en noyer tourné, bois de valeur qu’on trouvait peu sur la commune, avec une avancée centrale en demi cercle sous laquelle est un drôle d’ange dont on ne voit du bas que les pieds. Il reste encore les œillets de bois qui permettaient d’accrocher là les bannières et drapeaux.
L’avancée jusqu’aux premiers piliers n’est pas d’origine mais date de 1819, époque à laquelle l’église était bondée : la population de la vallée était 3 fois plus importante que de nos jours !
Baie en triplet :  les vitraux sont un cadeau du curé Villien, curé de Peisey pendant 52 ans de 1906 à 1958. Le curé d’Ars y est à l’honneur, le blé et la vigne dans les
médaillons latéraux. 


La chaire


La chaire était l’endroit d’où le prêtre faisait son sermon (explication de l’évangile du jour) : Il  quittait le chœur, où il officiait dos au public, et se rapprochait de ses paroissiens.
Pour être vu et entendu de tous, il montait quelques marches
( il « montait en chaire pour prêcher » )
Depuis le concile Vatican II (1962) le prêtre officie  en se tournant vers les paroissiens :
les chaires sont rarement utilisées.
La chaire de l’église de Peisey est une belle œuvre sculptée dans du noyer. Les panneaux de la « cuve » sont finement sculptés d’entrelacs.
Le médaillon dit en latin « proclamer sans cesse ».  L’abat voix est surmonté d’une grosse couronne avec un ange aux ailes d’argent.
A l’intérieur, au dessus du curé, la colombe
du saint Esprit
assure son
inspiration et la droiture de
sa parole.




Les bénitiers et fonds baptismaux

Le bénitier contient l’eau bénite avec laquelle chacun doit faire son signe de croix en rentrant. L’église paroissiale compte trois bénitiers : un mural pour l’entrée latérale, et deux sur pied, en pierre. Tous sont de facture très soignée avec des motifs en «  godrons »
(quartiers arrondis)

Le motif en godrons se retrouve sur les fonds baptismaux. Il s’agit de deux vasques sur des pieds de pierre lisse.  L’eau bénite est conservée dans la plus petite, qui est en marbre et munie d’un couvercle.
Pendant le baptême, le baptisé se penche ( ou est penché s’il s’agit d’un bébé ! ) au dessus de la plus grande, qui  est couverte d’un meuble de bois octogonal qu’on peut ouvrir, surmonté d’une
couronne. Les panneaux sont sculptés de motifs fleuris.

Les confessionnaux

Le confessionnal est un isoloir clos où le prêtre entend son paroissien à confesse. Le concile de Trente a insisté pour que chaque église dispose de ces  « tribunaux de pénitence ». L’église de Peisey en compte trois. Obtenir le pardon de ses fautes étant recommandé, voir obligatoire, pour les grandes fêtes,
et il  fallait donc bien un minimum de trois prêtres pour officier ! 
Le prêtre  s’installe dans la loge centrale, fermée d’un rideau et séparée des loges latérales par des grilles de bois. Le paroissien s’agenouille dans une loge latérale et chuchote la liste de ses péchés…


Le curé d’Ars

Le saint qui a remis la confession au cœur de la pratique
catholique est Jean-Marie Vianney,  curé d’Ars dans l’Ain. (1786—1859) Il est représenté sur le vitrail de la tribune et une modeste
statuette le représente dans une niche fort dégradée à l’entrée du presbytère.
De famille pauvre et de petite santé, il est néanmoins enrôlé par les troupes napoléoniennes pour la guerre d’Espagne. Il déserte à 23 ans. Son frère part à sa place.
Jean-Marie rentre au séminaire où il éprouve de grandes difficultés d’apprentissage. Son abbé juge néanmoins que sa piété est assez grande pour suppléer à son ignorance.
 Il est nommé à Ars où il restera 41 ans. Vivant de privations, de charité, créant des écoles et des
confréries . Il a le don des larmes, et pleure quand, dans ses sermons, il évoque le péché. 
Très vite sa réputation d’extrêmes sensibilité et austérité, ainsi que les miracles qu’on lui attribue, attirent vers Ars un nombre de plus en plus grand de personnes désireuses de se confesser à lui, y compris les
célébrités du moment. Toute sa vie il reste hanté par la crainte d’être indigne de son ministère,
notamment à cause de son ignorance. Il est d’ailleurs persuadé que le péché d’ignorance enverra en
enfer plus de gens que tous les autres péchés ensemble.
Le saint curé est exténué. Il « prend des étourdissements » dans son confessionnal ,
devant lequel on fait la queue pendant des jours !  Mais ni ses paroissiens ni ses
supérieurs ne peuvent s’en passer. « Dieu même le voulait cloué à son confessionnal comme au bois d’une croix ». Il meurt le 4 août 1859. 
Il est canonisé en 1925, devenant le saint patron des prêtres de France.

Sa définition de la prière à Dieu est restée célèbre : « je l’avise et il m’avise ».

Sainte Catherine d’Alexandrie

Sainte Catherine est morte à 18 ans, en l’an 312,
à Alexandrie en Egypte.
Elle est fille de roi et c’est pourquoi elle  porte généralement une
couronne… qui en « représente trois autres : celles  de la virginité, de la science, et du martyre » (dixit St Jérôme)
En effet, Catherine est très instruite, savante et convaincante.
Ayant embrassé la foi chrétienne, elle professe  dans le milieux
scientifiques de son temps. On rassemble les 40 plus grands savants de l’époque pour la contredire : elle les laisse sans voix et beaucoup se
convertissent. A leur suite, l’élite des services et de l’armée de
l’empereur Maximin III Daia se convertit.
Ne sachant comment arrêter la vague de conversions, l’empereur va
jusqu’à  lui proposer le mariage en échange de son silence : elle refuse.
C’en est trop : après de multiples sévices, elle est condamnée au supplice de la roue (quatre roues entourées de scies de fer et de clous doivent lui déchirer et broyer le corps) : les anges cassent la roue. 
Il faudra donc la décapiter. De son cou tranché ne sort pas du sang mais du lait.
Les attributs de sainte Catherine sont donc : la roue dentée, la couronne, l’épée et la palme de martyrs.
Son culte se répand de l’Orient vers l’Occident au retour des croisades,  puisqu’on retrouve
miraculeusement sa dépouille au 14ième  siècle, dans le désert du Sinaï. 
Ste Catherine est apparue en songe à la future Ste Jeanne d’arc, sa voisine de pilier à l’église de Peisey. Ste Catherine est sainte patronne et protectrice de la paroisse de Peisey.
Sa fête, le 25 novembre, donnait lieu à des festivités familiales et des bénédictions. C’est à cette date qu’on vendait aux enchères les dons en nature faits dans le grenier à dons de Notre Dame des Vernettes.  Une chapelle lui était dédiée dans l’ancien cimetière, avant la création de l’église actuelle. Cependant, au sortir du moyen âge, le clergé a commencé  à jugé histoire de sainte Catherine par trop légendaire : elle a discrètement été poussée dans l’ombre. Les deux paroisses de Haute Tarentaise qui lui étaient dédiée, Peisey et Villaroger , ont été respectivement confiées à de nouvelles autorités : la Sainte Trinité et Notre Dame de l’Assomption.
La statue de Sainte Catherine a été installée par  le curé Pelardy  dans les années 1960. Elle a remplacé une autre statue de sainte Catherine, qui avait fait le voyage depuis Paris avec celle de sainte Thérèse (Dons du père Gontharet) C’est donc une statue dite « sulpicienne » sans grande valeur : elle sort des
ateliers de St Sulpice où l’on travaillait avec des moules pour des effigies en plâtre, tout comme les statues des 2 autres saintes de la nef.  La statue qu’elle a remplacée se trouve dans l’oratoire d’angle du cimetière.

Sainte Jeanne d’Arc

Jeanne est née vers 1412 à Domrémy, village des Vosges en Lorraine). Bergère de moutons, très pieuse, elle entend les voix de Ste Catherine et de Ste Marguerite qui lui demandent de prendre les armes pour sauver la France attaquée par les Anglais. Ce qu’elle fait.
Elle remporte de nombreuse batailles, libère les villes assiégées.
Capturée par l’ennemi, elle est condamnée pour hérésie et brûlée vive avant ses 20 ans, le 30 mai 1431 à Rouen, capitale du duché de
Normandie alors possession anglaise.
C’est une héroïne de l’histoire de France.
La Savoie quant à elle, vit à cette époque sous le règne de Louis I, (celui qui a épousé la très intrigante et chypriote Anne de Lusignan. C’est ce couple ducal qui échange le 13 septembre 1452,  la
relique du Saint Suaire à Marguerite de Charny contre le château de Varambon ! ) Quoique plus occupé dans le nord de l’Italie, Louis I
n’est pas aux côtés des Français mais de celui des ennemis de Jeanne d’arc : les Bourguignons)
Béatifiée en 1909 puis canonisée en 1920, (juste après la guerre qui verra mourir au champs d’honneur 36 jeunes de Peisey), Jeanne d’Arc devient patronne de la France en 1922. C’est à partir de cette date qu’elle entre dans les églises de Savoie. Sa fête nationale est  fixée au 2e dimanche de mai.


Sainte Thérèse de l’enfant Jésus

La  Normandie, entachée par le bûcher de Jeanne d’arc, voit 442 ans plus tard la naissance d’une autre combattante : ste Thérèse de Lisieux.
Pourtant, cette jeune carmélite morte de tuberculose au couvent à 24 ans, le 30 septembre 1897, était bien loin des champs de bataille !
En effet, son combat fut tout intérieur et son charisme fut particulièrement secourable aux soldats de la grande guerre. Leur « petite sœur du ciel » les a accompagnés dans leurs heures les plus sombres.
Née dans une famille très pratiquante, orpheline de mère à quatre ans, elle est élevée par ses sœurs, qui rentrent au couvent dès qu’elles le peuvent. Thérèse va jusqu’à Rome pour obtenir le droit de rentrer elle aussi au carmel avant l’âge requis. Elle y rentre à 15 ans et y survivra neuf  ans à de terribles tourments intérieurs qu’elle supportera avec douceur. Ses mémoires,  « Histoire d’une âme » témoignent de sa
nouvelle spiritualité, appelée la « théologie de la petite voie » :
rechercher la sainteté, non dans les grandes actions, mais dans les actes du quotidien, même les plus insignifiants, à condition de les
accomplir pour l’amour de Dieu. Considérée par le pape comme l’« étoile de son pontificat », elle est béatifiée en 1923 puis canonisée en 1925. Religieuse cloîtrée, elle a été paradoxalement déclarée sainte patronne des missions en 1927, puis sainte patronne de la France en 1944. Elle est proclamée 33e docteur de l’Église par le pape St J-Paul II en 1997.