Localisation de la chapelle
Sainte Agathe se trouve à Moulin, à 1300 m d’altitude. Elle est à l’entrée nord-Est du hameau.






L’environnement de la chapelle
A sa construction la chapelle fut installée en haut du hameau, sur le chemin du chef-lieu. Avec le temps les chemins se sont élargis et épaissis : la chapelle est désormais nettement en contrebas de la route départementale qui monte en station, avec un petit air embusquée sous le talus fleuri.



L’histoire de la chapelle
La chapelle serait la plus vieille de la vallée. (1449) mais elle est sans aucun doute antérieure. Le hameau était effectivement d’importance, à cause de la proximité des moulins. Il était au centre des champs cultivés (raves, céréales, chanvre et plus tard pommes de terre) Il a subit de nombreux incendies, le dernier en 1905.
La chapelle fut autrefois dédicacée à St Grat, puis à St Michel archange psychostase (muni de la balance pour peser les âmes lors du jugement dernier), puis à Sainte Agathe
Au sud, de jolis petits jardins privés sont en fait l’ancien cimetière des pestiférés du hameaux…
En tout cas, cette chapelle est la plus grande. (14m/7.5m) Elle a servi de lieu de culte principal pour la paroisse pendant la construction de l’église de Peisey


Les éléments extérieurs de la chapelle
Seul toit de chapelle en tuiles mécaniques.
Un clocher muni d’une cloche fabriquée à Peisey (fondue en 1837 au Villaret)
Une croix très ouvragée et peu académique : au dessus d’une petite boule-monde nervurée, une sorte d’oignon-poire, puis la croix, munie d’ailerons, d’une petite gloire, de calices au bout des bras : le tout en ferblanterie.
Le long mur du sud-ouest, le plus ensoleillé est percé de 3 fenêtres en plein cintre et renforcé de larges contreforts. A son pied, une croix planté dans un beau dé de tuf. C’est la seule chapelle de la vallée qui dispose encore de “sa” croix.
La façade principale donne au nord ouest : tout ce qui entre dans Moulin passe devant elle.
La porte est remarquable , avec les panneaux du haut sculptés de rubans et les panneaux centraux de très jolis coeurs stylisés. La poignée de fer représente une main tenant un anneau gravé d’une frise de petits soleils.
Au dessus de la porte une niche ou la statue de sainte Agathe est retenue de tomber par 2 barres métalliques. La sainte, portant une belle robe bleue, tient un livre.
Le bénitier est original : une belle pierre blanche avec deux simili-poignées.
















L’intérieur de la chapelle : voûtes, plafonds, chancel fresques
2 Voûtes croisées d’arêtes, séparées par un arc en berceau pour la nef, 1 voute croisée d’arêtes à huit quartiers pour le choeur.
Les fresques des plafonds sont assez simples mais fraiches : de la verdure, des feuilles de chataîgner, de vigne.
Le chancel de bois a été enlevé, remplacé par une grille de fer forgé très simple.
Seule a subsisté la poutre de gloire, en bleu-roi bordé de rouge.
Le crucifié est remarquable. Il est cloué sur une grande croix de procession (on voit encore les barres métalliques permettant de mettre tissus et tentures)
Les statues qui devaient être à sa droite et à sa gauche ont disparu.
On a hissé-là deux statues de saints qui n’ont rien à voir avec la scène habituelle de la crucifixion :
– saint Grat avec la tête de Saint Jean Baptiste,
– une trinité “trône de grâce” : Dieu de le père, couronné d’une tiare, assis, tenant devant lui la croix et son crucifié. (Normalement, l’oiseau du St Esprit se trouve sur l’épaule du père, mais il n’y est plus).

















L’intérieur de la chapelle : le choeur, le retable
Le retable est constitué d’un tableau dans un cadre très travaillé, avec des anges latéraux à la mine boudeuse, le tout dans les tons rouges et bleus.
Tout en haut, Dieu le père semble assez confortablement installé, tenant contre lui la boule-monde d’une main, pendant que l’autre bénit. Autour de lui, une frise de rayons et nuages dorés stylisés, maintenue par 2 grosses roses.
En haut du tableau, un beau cartouche sur draperie dorée avec une inscription latine “Consulget Mickael princeps magnus et salvabitur populus tuus. Daniel 12°” (que se lève le grand prince Michel et ton peuple sera sauvé)
Deux statues à droite et à gauche du retable datent du 19eme siècle, de facture néo-classique sulspicienne. Vitrine ouvragée à gauche : Marie tenant Jésus dans ses bras, St Joseph sous cloche de verre à droite.











Le tableau du retable
Le tableau est en deux parties : en haut, dans les nuages où flottent des angelots : un couronnement de la vierge.
En dessous : Saint Grat, avec la tête de St Jean-Baptiste et Sainte Agathe, avec ses deux seins sur un plateau, encadrent Saint Michel archange, muni de la balance du jugement dernier, un pied sur le diable dans les flammes de l’enfer, brandissant son épée de feu.





L’état de restauration de la chapelle
On imagine bien ce qu’a dû être cette belle et grande chapelle à ses débuts. Son mobilier a subit de grâves dommages sans qu’on se souvienne vraiment comment cela est arrivé : chancel remplacé par une grille de jardin, poutre de gloire réduite à…une poutre, ajoût dans le choeur de gros éléments du 19 ème siècle. Ce qui reste de l’époque baroque traduit bien la richesse du hameau : goût et qualité.