Localisation de la chapelle
Sainte Marguerite se trouve au hameau de la Chenarie, à 1500 m d’altitude. C’est un hameau qui a eu à subir à de nombreuses reprises les humeurs ravageuses du petit ruisseau qui le longe : Poncette. Ce ruisseau draine toute l’eau de l’aiguille Rousse. Ce hameau était une croix de chemins. C’est celui qui compte le plus de croix : 5.







L’environnement de la chapelle
Voilà une chapelle qui n’est pas engoncée dans le bâti de son hameau : elle dispose d’un large parvis, d’une grande place aérée, d’un bachal de granit tout neuf.









L’histoire de la chapelle
La chapelle est au plus près du ruisseau. Elle a longtemps été bordée d’alluvions. Elle était au sortir d’un pont de bois régulièrement emporté.( Le pont est maintenant “en dur”. le lit du torrent curé à la pelleteuse.) Pourtant la dédicace de la chapelle n’est pas faite à Sainte Barbe, grande protectrice de débordements de torrents et autres glissements de terrain.
Au début du vingtième siècle, la chapelle était flanquée au nord d’un petit appentis qu’on voit sur les premières photos. Sur son parvis : un grand bachal couvert. Plus tard ce bachal a même été fermé sur 3 faces en planches de bois pour protéger du vent. Au sud : 2 wc turcs publics.
Des maisons très proches ont brulé en dans les années 50, mais la chapelle a survécu.
La première mention de cette chapelle est faite en 1661, lors de la visite épiscopale. Mais elle existait probablement avant.



Les éléments extérieurs de la chapelle
Le petit clocher de la chapelle Ste Marguerite fait le bonheur des photographes : d’où qu’on soit, il se découpe sur un joli paysage. Il est en tuf, pierre venue tout droit venu de l’Aiguille Rousse, maçonnée et peinte en orange.
Sur son petit toit de lauze grise, au sommet d’un cône de tuf, Il est flanqué d’une boule-monde à godrons, puis d’une croix plate martelée, petitement trefflée, et enfin d’un superbe coq taillé dans une simple plaque, désormais fort rouillée (mais tout y est : jabot bombé, bec entrouvert, crête, oeil malin, plume de la queue en accroche coeur !) Le tout a l’air fort fragile, et pourtant ça tient depuis fort longtemps.
Le clocher a encore sa cloche, bien sanglée à son mouton de bois.
3 éléments en façade :
– Un beau petit bénitier à godrons
– Une niche coiffée en coquille avec une inscription “sainte Marguerite” . La niche est occupée par une statuette de la sainte debout sur son dragon, les mains jointes. Il reste dans cette niche de la couleur bleu-charette : celle qu’elle avait avant d’être crépie…
– Les clous de la porte sont joliment martelés et la poignée a une belle attache en forme de fleur.
















L’intérieur de la chapelle :
voûtes, plafonds, chancel, fresques
– Une voûte croisée d’arêtes pour la nef, séparée par un arc en berceau de celle du choeur , croisée à liernes et tiercerons
– Le chancel de bois peint en bleu, à section carrée et rainuré, est original.
– Les bancs sont gravés de graffitis anciens.
– Le trou par lequel passe la corde pour sonner la cloche est une poutre incrustée dans la maçonnerie.
– Les fresques de plafond, de bleu étoilé et de motifs fleuris, avec des pendentifs de clefs de voûtes couleurs saumon, ne sont plus que des souvenirs…












L’intérieur de la chapelle : le choeur, le retable
Il émane de cet ensemble un esprit assez différent de celui des autres chapelles : un baroque plus classique, plus sobre et des éléments d’origine de très belle facture : deux colonnes lisses à chapiteaux dorés très travaillés. Des tons bleu pâle et émeraude assez doux, faisant ressortir l’or. La statue de St Roch à gauche, celle de st statue de St Sébastien à droite : elles auraient trouvé leur place dans une église tant elles sont belles.Les 2 saints protecteurs de la peste ont pratiquement la même figure. En attique, un beau bouquet de feuilles d’accante, de blé mêlé aux fleurs des champs et de roses. Trois belles tresses de roses dorées encadrent le tableau. Pas de surcharge, un ensemble avec beaucoup de goût. Un beau crucifix doré était posé sur l’autel : il est maintenant à l’église de Peisey. Tout ce bel équilibre est un peu gâché par les 3 éléments disparates posés maintenant sur l’autel : un St Jean Baptiste, athlétique, avec sa peau de bête, un grand bâton et l’agneau à son pied, un évêque inconnu avec des mains plus grandes que la tête et une niche avec une Sainte Catherine tarabiscotée, mais il ne manque aucun de ses attributs : la couronne, la roue dentée, la palme, l’épée et même un dragon, noir à gueule écarlate, qui normalement est l’attribut de Sainte Marguerite. Bizarrement, cette dernière n’est à trouver que dans un médaillon de l’antependium : sans son dragon mais avec sa palme, sur un petit nuage.
On remarque sur la fenêtre les deux obus de la guerre de 14 transformés en vases.

















Le tableau du retable
Le tableau, déjà bien sombre et craquelé, représente Marie, en manteau rouge, tenant sur ses genoux le petit Jésus qui donne un rosaire à sa Grand mère, Sainte Anne (personne féminin vieilli, à robe et capuche marrons) Un évêque inconnu occupe la partie droite basse du tableau. Au pied de cet évêque est dessinée une ville qu’on ne reconnait pas.








L’état de restauration de la chapelle
Depuis que les fenêtres ont été hermétiquement fermées, l’intérieur de la chapelle s’est dégradé très vite. Le dossier de demande de subventions pour la restauration de cet édifice est en cours de montage. La statue de la niche en façade est déjà partie pour restauration chez un artisan d’art. Rien ne se fera sans la générosité de donateurs !